Mathilde Penet

“Je suis tombée amoureuse du Yoga. Depuis j’explore cette union suivant différentes approches: le Kundalini Yoga, la méditation Vipassana, le Yoga du Cachemire et le Yoga Iyengar m’ont particulièrement inspirée.

J’enseigne aujourd’hui – de façon précise et progressive – l’art des asanas et du pranayama. Influencée par l’esprit du tantra non-duel, J’aime sentir quand le corps devient espace, vibration et lumière.“

Mathilde Penet

Biographie

Mon parcours vers le yoga ne s’est pas construit en ligne droite. Il est le fruit de différentes traversées — artistiques, sensorielles, spirituelles — qui ont peu à peu dessiné une même direction : celle de la présence.

Avant de devenir enseignante, j’ai étudié à l’École des Beaux-Arts. Cette formation a profondément façonné mon regard. Elle m’a appris à observer les lignes, les volumes, les perspectives, les tensions et les équilibres. À contempler la lumière, la matière, le vide autant que la forme. Ce regard plastique ne m’a jamais quittée. Aujourd’hui encore, il irrigue ma manière d’enseigner : chaque posture est une architecture vivante, chaque corps une œuvre en mouvement, chaque alignement une composition sensible où le vide a autant d’importance que la forme.

C’est ensuite à travers le Kundalini Yoga que j’ai rencontré une dimension plus énergétique et vibratoire de la pratique. Le souffle, les kriyas, la répétition, la puissance du mantra ont ouvert en moi une expérience directe de la circulation intérieure. Cette approche m’a permis de ressentir le corps non seulement comme structure, mais comme champ d’énergie, traversé de flux, d’expansion et de résorption.

Parallèlement, la méditation assise silencieuse est devenue un pilier essentiel de mon chemin. S’asseoir, ne rien faire, écouter les fluctuations mentales, accueillir les sensations et les émotions sans intervenir — cette simplicité radicale a profondément orienté ma compréhension du yoga. J’y ai découvert que la posture est expérience avant d’être exercice, qu’elle vise un état plus qu’une performance, et que le passage du « faire » à « l’être » transforme le corps d’objet en sujet vivant.

Ces étapes ont naturellement trouvé un point de convergence dans la pratique posturale inspirée de l’enseignement de B. K. S. Iyengar. Sa rigueur, son intelligence de l’alignement et sa quête du silence à travers la précision ont profondément nourri mon approche.

Le yoga que je partage aujourd’hui est essentiellement postural. Il repose sur des instructions précises qui révèlent les différentes géométries du corps. Mais lorsque je parle d’alignement, il ne s’agit pas seulement d’organisation externe : j’évoque l’enveloppe visible, la structure interne, les micro-mouvements organiques, la respiration, la circulation énergétique.

Mon regard d’artiste rencontre ici la cartographie yogique : chakras comme roues de conscience, nāḍīs comme rivières, suṣumṇā comme canal central. L’analogie entre le corps et le cosmos me touche profondément. Chaque ajustement devient une porte vers un univers intérieur. Chaque posture est une exploration des paysages qui nous habitent.

J’aime créer les conditions propices à l’exploration des différentes tonalités du corps : expansion, vibration, verticalité, espace, plénitude, lumière, force, créativité, volupté… Ces qualités ne sont pas recherchées comme des objectifs, mais révélées comme des états déjà présents, parfois voilés, qui demandent simplement à être reconnus.

Chaque séance est pensée comme un rituel d’offrande de soi à soi. Un moment où l’espace intérieur peut se libérer, devenir vacant, ouvert. Peu à peu, l’écoute s’affine. On quitte les automatismes, on traverse les apparences, et quelque chose de plus simple émerge : une présence claire, sensible, incarnée.